Les quatres fêtes druidiques

La Moselle à Rettel
Toute chose,  chaque cycle,  se prépare dans le secret. Ainsi chaque jour débute paradoxalement à la tombée de la nuit. Le mois débute à la nouvelle Lune comme la vie avec la mort et l’année nouvelle avec l’Hiver. La mort n’est qu’un passage entre deux états de l’être hors du temps spatiotemporel. Une nuit et une journée valent une année ou une éternité. 

Nos calendriers sont pédagogiques. Ils ordonnent les évènements ici par la liturgie juniverselle quotidienne par analogie aux évènements cosmiques. La roue symbolise le cycle: début et fin sont confondus et annoncent le suivant. Chacun d'eux atteint progressivement sa plénitude pour décliner dès son apogée et s’achever altéré et dilué avant le prochain cycle.

La fête est un point fixe dans l’espace, une rupture du temps, une fissure dans le ciel ou l'ouverture d'un cycle nouveau. Les fêtes celtiques présidaient solennellement l'entrée dans une nouvelle phase de l'année, une saison, quarante jours avant les solstices et les équinoxes: la plénitude saisonnière. Ces phases sont au nombre de quatre par années. La fête celtique n'est  sont donc pas solsticiale ni équinoxiales.

Le nouvel an celtique,  Samain (prononcer  Chouaïn). L’année commençait par conséquent l’Hiver, au crépuscule de la nuit du 1er Novembre, quand l’année finissante se confondait avec la nouvelle année. Elle faisait l’objet de nombreuses manifestations : religieuses, administratives et festives. Comme toutes les fêtes, elle marquait le passage d’une époque à une autre, d’un monde à l’autre, et, comme toute traversée elle comportait des dangers. Au cours de cette nuit les vivants pouvaient rejoindre ou rencontrer les êtres mystérieux de l’autre monde, les fées et les morts, tous sortis des fissures du ciel.

La Toussaint chrétienne s’est substituée à Samain. Elle était, et elle est toujours, en droit locatif de la terre le terme des baux. Il fallait payer les louages et régler tous les problèmes de propriété. Par ailleurs, dans les régions, à fort substrat celtique, persistait encore ces dernières années un grand attachement des populations au culte des morts. Dans la soirée de la Toussaint, vigile du Jour des Morts, les familles se rendaient dans les cimetières et allumaient des cierges sur la tombe des leurs défunts et dans certains lieux on pratiquait l’antique déambulation nocturne entre le narthex de l’église et le cimetière qui l’assiégeait. Ce rite rappelait qu’avant d’entrer dans l’autre monde il fallait traverser l’épreuve et que la vie nouvelle commence par le noir et s’achève par la lumière.

Le 1er Mai, la seconde fête dans l'ordre mais première en importance, Beltaine, celle du Druide évoquait la nature blanche de l’Eté naissant : les pruneliers et les aubépines en fleurs revêtent toujours notre paysage en fleurs comme à l’unisson. La tradition du muguet blanc cueilli au fond des bois en est un souvenir. C’est au cœur des forêts que l’on se retrouve soi-même comme les Druides le faisaient. C’est au plus profond de soi  que jaillit l’étincelle. Le mois de Mai ne manque pas de traditions, d’usages et de survivances de croyances anciennes.

Deux autres fêtes de moindre importance en apparence :
Imbolc, le 1er Février, fête de lustration, remplacée en Irlande par la Sainte Brigitte, l’héritière chrétienne de la Déesse Briga ou Brigentia en Bretagne Armoricaine, fêtait le passage de l’Hiver au Printemps. Celui-ci  peut provoquer fatigues, faiblesses ou maladies et bouleversements atmosphériques: vents violents.

Lugnasad, le 1er Août, fête le roi. La fête royale française est fixée au 15 Août. C’est aussi la fête du Dieu Lug. Elle était l’occasion de rencontres, de kermesses et de foires.

Bibliographie
Les Fêtes Celtiques de Christinan Guonvarc’h et de Françoise Leroux - Éditions Ouest France 1995
Les Druides de Christinan Guyonvarc’h et de Françoise Leroux - Éditions Ouest France 1986
Jean Markale - Les Celtes et la Civilisation celtique - Éditions Payot - 1994
Jean Markale - Le Christianisme celtique - Imago 1996.