L'Eglise un lieu redoutable

L’espace et le temps sont des caractéristiques essentielles du cadre de la liturgie. Les trois Messes de Minuit de Noël, au solstice d’hiver, Porte du Ciel et les trois autres Messes de la Saint Jean des Templiers, au solstice d’été, Porte des Hommes, l’illustraient. Avant les réformes liturgiques de 1956, seule la phase ascendante du retour de la lumière, de Minuit à Midi, permettait la célébration d’une messe.

L’inauguration d’un immeuble administratif ou d’une école etc. donne toujours lieu à une cérémonie au cours de laquelle une personnalité pose symboliquement la première pierre de l’édifice. Elle n’a pourtant plus grand rapport avec la tradition.

Le lancement de la construction d’une église donnait lieu à un « véritable travail » de maçonnerie à l’évêque officiant, lors de la pose des premières pierres sacrées et de la consécration des douze piliers de l’édifice.

L’angle Nord-Est de l’édifice religieux en projet recevait la pierre fondamentale. Chaque base angulaire devait reposer sur une pierre analogue. Elles marquaient l’angle du carré symbolique formé des quatre points cardinaux. L’autel, la pierre du sacrifice, placée au centre du temple devait être ajustée dans l’axe de la pierre angulaire située au sommet de l’édifice. Les règles de construction des pyramides étaient très significative à ce propos.

Comme de véritables barques, les églises était orientées vers le soleil levant ou vers Jérusalem. Plus tard certaines furent orientées vers Rome ou vers un centre ou un siège spirituel. Le prêtre en était le timonier.

Il ne faut pas confondre pierre angulaire et pierre fondamentale. Les livres de la franc-maçonnerie anglaise parlent de corner Stone pour la pierre fondamentale et de keystone pour la pierre angulaire et comme le mot l’indique, elle est la clef de voûte (1).


René Guénon – Symboles de la science sacrée.