Rites agraires et architecturaux

Dans son ouvrage La Porte du Ciel – Dervy – 2008, Monsieur Ananda K. Coomaraswamy écrit: « nous avons décidé de vivre que de pain seul », et encore, que : « tous les rites agraires et architecturaux ont un rapport avec le pain ».

Il précise encore : « … si c’est un pur hasard que l’oubli du caractère sacré de l’agriculture et la négation de la signification spirituelle du pain ait pu coïncider avec le déclin de la qualité du produit lui-même… » L’auteur renvoie le lecteur, à propos de cette remarque sur le pain, au livre d’Albert Gleizes – Vie et Mort de l’Occident Chrétien – Sablons – 1930 et précisément à la dernière partie de son livre consacré au « Mystère du pain et du vin »

En effet, les règles traditionnelles de l’agriculture sont, à la base, analogues à celles de la construction d’une maison 1. Le constructeur doit passer de l’unité centrale à la quadrature. Les deux rites sont ainsi soumis à l’unité centrale, le Soleil et à sa course journalière et saisonnière, la quadrature étant symbolisée par les quatre points cardinaux.

Le pain est le fruit de la création divine et du travail de l’homme exécuté en harmonie avec les règles cosmiques. De même que l’architecture, la construction d’une simple maison, répond aux mêmes règles cosmiques.2

On osera dire que la construction du Pater Noster est analogue à celle de la maison du pain. Le pain quotidien placé au centre de la prière est aussi le pain de vie celui que l’on mérite, le pain de justice et de la paix.

1 La Porte du Ciel –Dervy – 2008, Monsieur Ananda K. Coomaraswamy, page 40
2 Il serait analogue entre celui qui relie la chasse à la guerre. La chasse est destinée à nourrir et la guerre étant sainte (voir la petite guerre et la guerre sainte). Il y bien en effet une nourriture terrestre et une nourriture spirituelle comme dans le rapport entre les rites agraires et les architectures.