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Les Rois-Mages 

Le Rois-Mages
La fête des Rois-Mages se fait discrète, noyée dans la fête permanente actuelle. Les médiocres galettes dites "des rois" proposées dans les grandes surfaces n'ont pu la relancer. Cette grande fête bien plus importante et plus ancienne que celle de Noël a été évacuée  par les réformes liturgiques de 1956 entreprises par Pie XII.

Au lendemain du renversement de la royauté, le Concordat de 1802 exige de l’Eglise la banalisation de la Fête des Rois et son déclassement, reléguée au Dimanche le plus proche, confondue avec les évènements évangéliques plus pauliniens.

Le Concile Vatican II (1962-1965) achèvera d’un trait de plume la déchéance de cet évènement biblique, l'entrainant dans l'abîme liturgique romain. Les écrits du Pape Benoît XVI, éminent théologien allemand, un des précurseurs du dernier concile, très attaché à l’approche historico-critique des écritures saintes, révèle en partiellement les raisons profondes de la déchéance des Rois-Mages.

Les années 7 ou 6 avant JC sont à présent retenues pour être le vrai temps de naissance de  Jésus.  Flavius Josèphe l'affirmait  à propos des calculs des astronomes babyloniens et    de l’oracle d’un prophète païen : Balaam. Ce dernier évoquait le « Très-Haut » comme le fit Melchisédech.

Au moment de la réalisation d'une conjonction astrologique très précise (voir notes en bas de page: Josué XIII, 22), trois mages orientaux se déplacèrent à Jérusalem avec l'intention de rendre hommage au Roi des Juifs. Nous connaissons la suite : le massacre des innocents et la fuite en Egypte de la Sainte famille. Le rapprochement avec l’exode juif est évident.  Jésus est le nouveau Moïse et son avènement est le renouveau attendu.

Le premier des trois mages,  Melchior (notons la racine commune avec Melchisédech), offre l’or des rois à Jésus. Le second, Balthazar (racine commune ave Balaam) offre l'encens du prêtre. Enfin, le troisième mage, Gaspard (venant du sanskrit "Gath aspar" qui signifie "celui qui vient voir") offre la myrrhe du prophète (le voyant). Il s’agit d’une triade courante en métaphysique orientale. Celle-ci reconnait en Jésus le Roi de Justice et son règne dans les Trois Mondes :  le Ciel, l’Espace (monde intermédiaire) et la Terre. On retrouvera dans le symbole du Corps Mystique du Christ le même schéma, également effacé par les réformes.

L’Eglise romaine a donc évacué certains aspects mythiques orientaux de sa liturgie, donc de sa pastorale. Elle souhaitait s’adresser au monde moderne dans un langage plus compréhensible. En fait d’ouverture, elle aura réduit son élan œcuménisme qu'aux seuls "Réformés" en sacrifiant les liens avec l’Orient, ses origines. Les Rois-Mages ont un rapport évident avec  Melchisédec et son sacerdoce évoqué dans le canon romain mais que les  nouvelles versions post-conciliaires ne mentionnent plus. (Ps 109.4)

Conclusion:
La sortie des Rois-Mages illustre parfaitement les deux principales variations doctrinales de l'Eglise Romaine depuis le Concile de Trente : la première exigée par la Révolution Française et la seconde par le nouvel Ordre Mondial, exprimée par les vainqueurs lors de la capitulation allemande de 1945. (Voir l'article sur la défaite allemande à l'origine des variations catholiques). Cette rupture culturelle entre l'Asie et le bloc occidental annonce en fait la sortie programmée du Vieux Monde.

Notes
A propos de Balaam.
Benoît XVI dans son ouvrage « L’enfance de Jésus » nous rapporte :

« La bible l’introduit comme devin au service du roi de Moab, qui lui demande une malédiction contre Israël. Cet acte est empêché par Dieu lui-même, de sorte qu’au lieu d’une malédiction, le prophète annonce une bénédiction pour Israël. Malgré cela, dans la tradition biblique il est rabaissé comme inducteur à l’idolâtrie et meurt d’une mort considérée comme une peine. »

Et l’ancien Testament :
Nombres Nb XXXI, 8 :
Outre ceux qui étaient qui étaient tombés dans la bataille, ils tuèrent les rois de Madian : Evi, Récem, Sur, Hur, et Rebé, cinq rois de Madian ; ils tuèrent aussi par l’épée Balaam, fils de Béor.

Josué XIII, 22 :
Le devin Balaam, fils de Béor, fut aussi du nombre de ceux que les enfants d’Israël firent périr par l’épée.

Ainsi le lien avec les Rois-Mages et Melkissédec peut être établit et ce récit de l’étoile se rapproche d’un phénomène astronomique que reprend l’astrologie. Cet aspect a toujours gêné l’Eglise dans l’épisode des Rois-Mages et ira jusqu’à rendre suspect ces personnages, d’autant plus liés à la Tradition Primordiale, rejetée par l’Eglise de son enseignement. De fait, le pape Benoît XVI aborde lui-même le sujet des prédictions astrologiques à propos de l’étoile de Balaam et des Rois-Mages et décrit lui-même le phénomène la conjonction astrologique, toujours dans son ouvrage, tout en s’interrogeant sur la nécessité d’interpréter cette projection astrale afin de justifier la prophétie de Balaam, sachant :

Que « selon Flavius Josèphe : De Tacite à Suétone, circulaient des attentes selon lesquelles de Juda serait sorti le dominateur du monde. 1» et « La conjonction astrale des planètes Jupiter (L’étoile de la plus haute dignité babylonienne) et Saturne (la représentant cosmique du peuple Juif) dans le signe zodiacal des Poissons, advenue dans les années 7-6 avant J.C. - retenue aujourd’hui comme le vrai temps de la naissance de Jésus -, aurait été calculable pour les astronomes babyloniens et leur aurait indiqué la terre de Juda et un nouveau-né « roi des Juifs 2»
1 Benoît XVI - L’Enfance de Jésus – Flammarion - 2012
2 Benoît XVI - L’Enfance de Jésus – Flammarion - 201
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Couronne sur linteau
Couronne sur le linteau d'une maison à Contz-les-Bains en Moselle