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L'hécatombe de Valmy

Preussen
L'automobiliste de l’autoroute A3 ne manquera pas à quelques kilomètres de Sainte Ménéhould d'apercevoir le Mémorial de la «Bataille de Valmy» et  son légendaire Moulin. De celui-ci  le général Kellermann aurait dirigé le 20 Septembre 1792 les combats de la fameuse sanglante, brutale et brève canonnade dite de Valmy contre  les coalisés austro-prussiens.

Valmy a changé le cours de l'histoire du Monde, selon l’expression même du philosophe allemand Goethe, présent au cours des opérations: « Aujourd’hui la face du monde aura changé ». Et c'est bien cela, encore que le processus soit permanent du début jsuqu'à la fin des temps.

Le Duc de Brunswick, le généralissime des forces coalisées, semblait peu enclin au combat et son Général en chef Dumouriez semblaient éviter  l’affrontement. Tous deux étaient « philosophes et francs-maçons »1.
 
Le Roi de Prusse,  sans grande conviction, non plus, à la tête de son armée souhaitait en finir rapidement et rentrer à Berlin. Les belligérants se cherchaient depuis l'invasion prussienne ou s'évitaient pour finalement se croiser incidemment aux environs de Valmy. Combat ou non ? A Paris, les révolutionnaires réclamaient un fait d'arme rapide mémorable ou la victoire franche afin de rehausser l’éclat de la proclamation de la 1ère République de la veille.

Le choc des deux armées se produit vers 13 heures, quand soudain  le ciel s'assombrit et le tonnerre gronda provoquant une grande  confusion  dans les rangs des troupes. Les Français, les volontaires de la Convention, dressés les armes à la main, hurlent avec férocité : « Vive la Nation ! ». En face, en premières lignes de pauvres bougres de paysans catholiques de Haute Silésie précèdent la cavalerie de l’armée prussienne et vont être les offrandes de ce sacrifice sanglant.

Soudain, les colonnes prussiennes, aux environs du lieu dit "le Croissant" non loin de la station service actuelle, se mobilisent et avancent. La canonnade française répondit quand un orage violent éclatait à cet instant même. Le feu des obus se confondait aux éclairs et la grenaille mêlée à la grêle s’abattit sur les Silésiens en marche vers la côte des « Maigneux ». Ils tentaient d'atteindre le Moulin situé en hauteur à quelques dizaines de mètres seulement. Pour y parvenir il fallait franchir un vallon, lequel accueille aujourd’hui l’autoroute. Les Silésiens tremblent et craignent la mort. Ils jettent leurs jeux de cartes et la viande volée la veille par crainte de la colère divine. Ils sortent de leur poche leurs chapelets qu’ils égrainent. La canonnade dure près de 20 minutes et c’est un carnage parmi ces hommes massacrés entre le vallon et Maigneux. Ainsi s’achève « Valmy ». Les coalisés reprennent le chemin du retour et le monde peut basculer.

Combien d'automobilistes, peut-être des descendants des acteurs de cette journée historique, ont-ils conscience de franchir à grande vitesse les « Maigneux », le champ des Martyrs Silésiens? Que sont devenues leurs cendres ?

Sources

Arthur Chuquet - Valmy – 1887 – Librairie Leopold

1 Journal le Monde du 21 septembre 1992 - La Bataille de Valmy – article de Nicolas Weill