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Le symbolisme du village

Le village et son bocage
La tribu nomade planta une ultime fois ses toiles en un lieu souvent conquis sur la forêt et choisi avec soin. Ce choix répondait à la nécessité de vivre en harmonie avec le cosmos. Ce lieu assurait aux familles la culture de terres fertiles, l'accès à l’eau, une source ou un cours d’eau et la pratique de la pêche. Mais, la forêt restait le lieu privilégié pour les ressources qu'elle offrait: la chasse, la cueillette, etc. Elle constituait le refuge de la tribu en cas de danger. La communauté conserva ses règles et ses structures.

Du centre du village, au pied du clocher, naissaient les chemins menant aux terres nouvellement acquises, réparties selon des règles agricoles précises. Les romantiques chemins de campagne ne menaient  pas aux villages mais conduisaient aux champs.

Le village antique a disparu avec la révolution agraire. Subsiste encore, pour qui déchiffrer son nom sa signification. Le cadastre fut l’annuaire de nos veilles cellules de vie : le village ? Le phénomène concentrationnaire urbain et industriel ont pour une grand part participé à la disparition du village traditionnel. Tantôt déserté, tantôt transformé en cité-dortoir, il n’est plus le grenier et la campagne nourricière des villes ou d'un pays.

Le survol de l’Europe offre encore la vision des restes du maillage que formaient les villages reliés entre eux par leurs chemins de labeur. Nos campagnes ont subi un bouleversement anarchique. Les nombreux chemins millénaires, témoins de l'histoire,  sont abandonnés, détruits ou mutilés par les lames des nouveaux moyens de communication : chemins de fer, TGV et autoroutes etc. Ils ne perdent plus à l’orée d’un bois, sur les rivages d’une mer, d’un étang ou dans les profondeurs d’un gué.

La rouelle celtique ou la croix à six branches symbolise le village. A l'intersection de ses branches naissent les six jours de travail de la semaine avec ses chemins du labeur. Au centre du village, le clocher marque le point de départ de la nouvelle semaine: le Dimanche. Il est puits de l'axe lundi, le passage du septième rayon ou le centre immuable.  Visible sur l’ensemble du territoire, il alors le point de la fusion du temps et de l’espace,  le point de retour où convergent tous les chemins qui mènent à Dieu : le début et la fin de toutes choses. Là, se rendaient les villageois le jour du repos dominical, restaurer leurs âmes.

Passage obligé de tout homme, l’église l’accueillait au jour de sa vie, à chaque Dimanche et fête et une ultime fois à sa fin, avant son repos à l’ombre du clocher dans l’attente de sa résurrection.  C’est vers le clocher, l'église lien social, que chacun  se tournait plusieurs fois par jour, pour voir et entendre sonner l'heure, au plus profond du ban.

Le temps dévore l’espace et tout procède du principe supérieur pour y retourner.